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samedi 12 mars 2016

“She wasn't interested in telling other people's futures. She was interested in going out and finding her own.”







Il y a des livres que vous lisez qui ont un effet curieux sur vous.
Ils vous apprivoisent comme des humains peuvent le faire. Ils vous prennent dans leurs filets.
J'ai lu le prologue de The Raven Boys de Maggie Stiefvater et j'ai su que j'allais aimer ce livre.
Mais ce dont je ne pouvais me douter, c'est que j'en tomberais amoureuse.




                         D'un côté, on a une jeune fille nommée Blue qui vit avec sa famille de voyants excentriques et à qui on a prédit que son véritable amour mourrait si elle venait à l'embrasser. Blue est entourée quotidiennement de femmes extraordinaires qui ont toutes un don de clairvoyance alors qu'elle a un seul et unique talent : celui d'amplifier celui des autres. De l'autre côté, on a une bande de garçons qui fréquentent le lycée le plus prestigieux de la région dont l'emblème est le corbeau, d'où leur surnom qui donne son nom à la saga de Maggie Stiefvater « the raven boys ». Ces « raven boys » sont à la recherche du tombeau d'un roi gallois qui pourrait exaucer n'importe lequel de leurs vœux. Parmi ces garçons, il y a Gansey. C'est lui qui souhaite trouver ce tombeau plus que tout, c'est son obsession, ce qui l'anime. 
                        Quand Blue accompagne sa tante lors d'une soirée mystique, unique nuit de l'année où les voyants peuvent apercevoir les fantômes des personnes qui mourront pendant l'année en cours, elle qui n'a aucun pouvoir psychique et ne peut donc pas voir les fantômes, voit le fantôme d'un jeune homme qui s'appelle … Gansey. Or, si une personne dénuée de pouvoirs voit un fantôme, seuls deux raisons peuvent expliquer cela : cette personne est soit votre véritable amour, soit une personne que vous tuerez. Voilà comment commence le roman ... et quel roman !

                         La première phrase de ce livre est celle-ci : «Blue Sargent had forgotten how many times she'd been told that she would kill her true love" , traduction : Blue Sargent ne comptait plus le nombre de fois où on lui avait dit qu'elle tuerait son véritable amour. Intriguant, non ? Intriguant, ce premier tome l'est indubitablement. C'est un roman Young Adult et donc théoriquement à destination des adolescents et pourtant, il sort des codes du YA paranormal pour devenir quelque chose d'autre : entre roman fantasy et contemporain, conte de fée et drame, les influences de Maggie Stiefvater sont diverses mais le tout est subtil, cohérent, parfaitement maîtrisé. Quant Maggie Stiefvater s'inspire d'une certaine mythologie, elle arrive à en faire quelque chose d'autre, crée son propre folklore, réussit à distiller de la magie dans chacune des pages du roman que l'on tourne.
                        Quand je dis que le roman est maîtrisé, c'est d'abord par sa structure. Le rythme du roman est travaillé de sorte qu'on apprend à connaître les caractères et les enjeux du récit sans que cela paraisse forcé ou trop rapide. On ne tombe pas amoureux des personnages du premier coup, pourquoi le ferait-on ? Ce n'est pas comme ça que ça marche dans la vraie vie, après tout. On les suit chapitre après chapitre, ils nous agacent un peu, on ne les comprend pas toujours mais ils sont authentiques, ils nous donnent envie de leur poser des questions auxquelles ils ne répondront pas tout de suite, nous faisant mariner... jusqu'à ce qu'on obtienne les réponses qu'on attendait. Que ce soit dans ce premier tome ou dans les deux livres qui suivent, j'en suis sortie à chaque fois chamboulée. 
                        Bizarrement, ce que j'ai préféré de ce roman à posteriori, c'est de ne pas l'avoir adoré dès le début. Il a su m'envouter dans la durée. J'appréciais ma lecture, je n'étais pas encore fan et puis il y a une scène précise dans le roman (celle dans l'église avec Ronan, pour ceux qui l'ont lu !) qui m'a bouleversée et c'est là que j'ai su que je lisais quelque chose de spécial. Après ce chapitre, tous les autres m'ont laissée sans voix. Ces personnages, cette histoire, ce style d'écriture poétique, l'univers ... je ne changerais rien de tout cela. Et puis, ce n'est pas juste "un roman pour ados avec de la magie", c'est tellement de choses à la fois : c'est un roman sur la famille, c'est un roman sur l'amitié, c'est un roman féministe, c'est un roman sur la violence, sur le désespoir et oui, sur la magie aussi : la magie qu'on trouve dans la jeunesse, dans l'amour, dans la fougue. Mais plus que tout, sur la magie que constitue le simple fait d'être vivant.

                   
                    The Raven Boys est le meilleur livre que j'ai lu cette année et je constate malheureusement que s'il est incroyablement populaire aux Etats-Unis (et notamment sur Tumblr avec une fandom enthousiaste et créative), il n'en est pas de même en France. La faute à un mauvais marketing qui a voulu vendre cette série comme une romance paranormale alors que la romance est en arrière plan ? Une traduction qui ne rend pas le charme du style magnifique de l'auteur ? Je ne sais pas, mais ce qui est sûr c'est que je ne peux qu'encourager mes lecteurs anglophones à se jeter sur cette saga si ce n'est pas encore fait. Si vous aimez les univers fantastiques remplis de poésie, les personnages torturés pour de bonnes raisons et pas juste pour "faire cool", les histoires d'amour impossibles (élément développé dans les tomes suivants par contre)  ... The Raven Boys a de bonnes chances de vous plaire. 





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