Je veux être au courant des supers reviews de la super fée Ryalle !

vendredi 25 mars 2016

“There was dishonor, she decided, in accepting someone else’s idea of honor without question.”



                       The Winner's Crime est un tome 2, suite de The Winner's Curse et l'intrigue du roman reprend quelques mois après les événements de la fin du tome 1 (je ne dévoilerai rien de l’intrigue pour ne pas spoiler.) J’ai encore fois passé un excellent moment avec ce tome 2, encore plus déchirant que son prédécesseur. Ce tome est un concentré à la fois de sensualité et de pudeur : l’auteur sait que ses lecteurs ont faim de scènes entre Arin et Kestrel mais ce que j’ai aimé, c’est qu’elle ne sacrifie pas la logique et la cohérence de son intrigue pour donner au lecteur ce qu’il veut. Ce qu’elle nous donne, c’est la souffrance, la frustration, le manque, les longues nuits d’insomnie. Il y a également toute une réflexion très intéressante sur le sens de l’honneur, sur ce que cette vertu signifie pour les différents personnages.
                      En parlant des personnages, ils me charment toujours autant : Kestrel est toujours aussi brillante mais beaucoup plus vulnérable dans ce tome, ce qui m’a paru être l’aspect le plus bouleversant du livre. De plus, j’ai aimé que l'on explore plus en profondeur la relation qu’entretient Kestrel avec son père, relation qui explique énormément de choses sur la personnalité et les agissements de notre héroïne. Arin, lui, est fidèle à lui-même : à fleur de peau, prêt à tous les sacrifices pour son peuple mais aussi pour Kestrel. Dans ce tome, je l’ai souvent trouvé frustrant mais compte tenu des épreuves qu'il doit traverser, ses réactions sont compréhensible et je ne lui en ai pas tenu rigueur. D’autre part, on fait la connaissance de nombreux nouveaux personnages intrigants, notamment l’Empereur qui est un homme absolument effrayant ou Tensen, le mystérieux compagnon de Arin. 
                     Je voudrais aussi dire quelques mots sur le style d’écriture que je trouve somptueux, encore meilleur que dans le tome 1, cela grâce à un travail sur les phrases très intéressant. Contrairement à Maggie Stiefvater qui travaille particulièrement le rythme des phrases, Marie Rutkoski se concentre plus sur le choix des mots et utilise des métaphores insérées dans des phrases brèves. Je dirais que c’est un style faussement simpliste puisque même si au premier coup d’oeil Marie Rutkoski privilégie les phrases courtes et simples, le travail sur le lexique et sur l’imagerie est assez recherché. C’est grâce à ce style que la douleur, l’affliction que ressentent Kestrel et Arin deviennent quasi-palpables. La fin est incroyable, absolument cruelle et je n'ai qu'une seule envie : me jeter sur le dernier tome qui sort dans quelques jours (et que j'ai pré-commandé et attend avec fébrilité !) 



The Winner's Crime de Marie Rutkoski publié chez Farrar, Straus & Giroux. 402 pages. 2015.

“He knew the law of such things: people in brightly lit places cannot see into the dark.”






The Winner’s Curse est le premier tome d'une trilogie dont l'action se déroule dans un univers imaginaire. Dans ce monde, deux peuple ennemis sont forcés à cohabiter : les “Valorians" qui détiennent le pouvoir et les “Herrani” qui sont devenus leurs esclaves après avoir été conquis. Kestrel est la fille du général valorien, on attend donc d'elle quelle suivre les traces de son père. Cependant, même si  Kestrel est une habile stratège, elle est bien plus intéressée par sa passion pour la musique (occupation réservée normalement aux Herrani et donc considérée honteuse) que par un avenir dans l'armée. Le jour où elle achète un jeune esclave herrani nommé Arin, sa vie va changer et leur relation va bouleverser bien plus que leurs seules existences. 




Quel coup de cœur !



                   J'ai été complètement subjuguée par la manière dont l'auteur arrive à créer un univers fantasy sans magie ou élément surnaturel où le seul pouvoir qui ait de l'importance est le pouvoir militaire. La façon dont Marie Rutkoski décrit tous ces jeux d'alliances, les stratégies politiques en jeu etc. était vraiment fascinant à suivre. Le style de cette auteur est vraiment très beau, elle sait choisir les bons mots pour toucher, pour nous faire ressentir ce qu'éprouvent les personnages sans jamais en faire trop, et son usage de métaphores m'a impressionnée tant elle arrive à capturer avec intelligence et sensibilité les sensations et pensées de Kestrel et Arin.
                  Kestrel et Arin ... Ah je les ai tellement aimés et pourtant Marie Rutkoski n'hésite pas à nous montrer leurs aspects les plus antipathiques : la froideur de Kestrel, son goût pour la manipulation ... la fougue de Arin et la façon donc ce trait de sa personnalité peut le rendre cruel quand il s'abandonne à la haine et à la rancune qu'il ressent vis à vis des Valoriens.  Cela n'a fait que mettre en exergue les qualités des deux protagonistes et je suis tombée sous le charme de Kestrel et de son intelligence, de la façon dont la stratégie est traitée dans le roman comme discipline à part entière. Un roman fantasy Young Adult où la force de l'héroïne repose intégralement sur son intellect, c'est suffisamment rare pour être souligné ! 
                Ensuite, j’ai trouvé l’histoire d’amour absolument magnifique et pour être honnête, c’est peut être une des plus belles romances que j’ai jamais lues. Elle est rendue encore plus prenante parce que l’amour que ressentent Kestrel et Arin ne les rend pas idiots et ne leur fait pas perdre de vue leurs objectifs, objectifs qui sont malheureusement opposés. Le lecteur est donc pris entre deux feux, trois même : on veut le bonheur de Kestrel, celui d’Arin mais aussi leur bonheur en tant que couple, or les trois semblent impossibles à réaliser simultanément. 
                Enfin, ce qui fait la force de ce roman à mon sens, c’est le développement de l’intrigue : que ce soit l’intrigue principale ou l’intrigue amoureuse, le tout est parfaitement bien rythmé, le développement progressif donnant une crédibilité aux actions qui se déroulent et permettant aussi au lecteur de s’attacher aux personnages. Les passages déchirants du roman nous prennent donc complètement aux tripes, d’autant plus que Marie Rutkoski n’a pas peur de mettre en danger ses personnages, de les faire souffrir, et c'est pour cela que cette fin m’a complètement retournée. J’ai depuis lu le tome 2 et je peux vous dire que la suite est encore plus bouleversante. Pas de sortie prévue en français malheureusement mais on croise les doigts pour une traduction !



The Winner's curse de Marie Rutkoski. Editions Farrar, Straus & Girroux. 355 pages. 2014.

lundi 14 mars 2016

Shame is a hunter




Ce livre sort en français le 16 juin 2016 chez Gallimard Jeunesse (collection Scripto) et s'intitulera "Le sel de nos larmes"



                  Ce roman suit quatre personnages à la fin de la deuxième guerre mondiale alors qu'ils essaient de fuir les bombardements russes, cela en tentant d'embarquer dans un navire censé les emmener loin de l'horreur de la guerre. Les chapitres sont très courts, au maximum quatre pages, et alternent entre les points de vue d'une infirmière lituanienne, d'une jeune polonaise égarée, d'un mystérieux prussien et d'un soldat allemand pour le moins inquiétant.

               

                 J'ai beaucoup aimé ce roman, ça m'a fait du bien de lire de l'historique, chose que je ne fais que trop rarement. Comme je l'ai dit, les chapitres sont très courts ce qui facilite la lecture et permet une lecture rapide mais j'ai trouvé le début lent, moins réussi que la deuxième partie. Avec du recul, cependant, je me rend compte que cela m'a permis de me familiariser avec les personnages et d'instaurer une atmosphère : on ressent le froid, l'urgence, la panique ... et c'est très réussi à ce niveau là. Quant à la deuxième partie, je l'ai dévorée d'une traite !
                Le style d'écriture est plutôt bon avec mêmes quelques moments de grâce mais on échappe malheureusement pas (surtout au début) au mielleux. Un autre point négatif que j'ai noté et qui m'a énormément dérangée, c'est les clichés et les simplifications historiques que n'évite pas l'auteur et qui donne au récit un côté naif inapproprié selon moi.
                Enfin, le gros point fort du livre, ce qui donne sa force, c'est le travail sur la voix des personnages : chacun est distinct et même si l'auteur n'avait pas précisé en début de chapitre le nom du personnage dont on a le point de vue, je n'aurais eu aucun souci à identifier de qui il s'agit. Certes, pour cela, Ruta Sepetys grossit parfois un peu trop les traits de ses protagonistes mais globalement, les personnages sont si réussis qu'on lui pardonne. La fin est déchirante mais également remplie d'espoir et je lirai avec enthousiasme tous les autres romans que cette auteur a publié et publiera à l'avenir. (d'ailleurs, elle dit travailler sur un roman historique qui traite de l'Espagne des années 50, ça promet !)


Note : 4,5/5



Salt to the sea de Ruta Sepetys, éditions Puffin. 400 pages. Février 2016.


               

samedi 12 mars 2016

albums préférés de 2015

Un peu de musique !

Voilà mes albums préférés de l'année 2015 !


En onzième position : Smoke + Mirrors d'Imagine Dragon.
Chanson préférée de l'album : Polaroid




En dixième position : Wilder Mind de Mumford And Sons (vus en concert)
Chanson préférée de l'album : Tompkins Square Park




En neuvième position : Homeland de Hindi Zahra
Chanson préférée de l'album : The Blues




En huitième position : Future Hearts de All Time Low (vus en concert)
Chanson préférée de l'album : Missing You




En septième position : Cry Baby de Melanie Martinez
Chanson préférée de l'album : Mrs. Potato Head




En sixième position : American Candy de The Maine (vus en concert)
Chanson préférée de l'album : 24 floors




En cinquième position : Behind The Madness de The Weeknd
Chanson préférée de l'album : Shameless




En quatrième position : Kicker de Zella Day
Chanson préférée : Hypnotic



En troisième position : FROOT de Marina & The Diamonds (7 ans que je suis fan et toujours pas eu l'occasion de la voir en concert :/)
Chanson préférée : Immortal




En deuxième position : Badlands de Halsey (vue en concert cette semaine !)
Chanson préférée : Gasoline




Et mon album préféré de l'année est : Feu de Nekfeu !
Chanson préférée : Rêve d'avoir des rêves





Les romans YA de 2016 que j'attend avec le plus d'impatience (Première Partie)




MARS











8 mars : Rebel of the sands de Alwyn Hamilton
Pourquoi ? Inspiré du Moyen-Orient (Yay pour un peu de diversité !), une héroïne féministe et une histoire qui se déroule dans le désert.

8 mars : The Serpent King de Jeff Zentner
Pourquoi ? Les critiques donnent envie et l'intrigue me parait originale

29 mars : The Winner's Kiss de Marie Rutkoski
Pourquoi : Parce que c'est la conclusion d'une de mes trilogies préférées ! (chronique à venir!)




AVRIL












5 avril : When we collided de Emery Lord
Pourquoi ? Parce que j'aime bien Emery Lord que j'ai découverte avec Open Road Summer et que tous les livres qui parlent de maladie mentale m'intéressent. 

5 avril : The Haters de Jesse Andrews
Pourquoi ? Parce que Jesse Andrews est un auteur dont je lirai tous les livres après avoir adoré son premier (et unique) roman Me, Earl & The Dying Girl.

26 avril : The Raven King de Maggie Stiefvater
Pourquoi ? Parce que c'est le dernier tome de ma nouvelle saga préférée et que même si je sais que ce livre va me tuer, j'ai désespérément besoin de ça.

26 avril : The Star-touched Queen de Roshani Chokshi
Pourquoi : C'est de la fantasy inspiré du folklore indien donc encore de la diversité ! Et j'ai lu les premières pages que j'ai trouvées excellentes



Et vous, quels livres -en français ou pas- attendez vous avec le plus d'impatience ?

“She wasn't interested in telling other people's futures. She was interested in going out and finding her own.”







Il y a des livres que vous lisez qui ont un effet curieux sur vous.
Ils vous apprivoisent comme des humains peuvent le faire. Ils vous prennent dans leurs filets.
J'ai lu le prologue de The Raven Boys de Maggie Stiefvater et j'ai su que j'allais aimer ce livre.
Mais ce dont je ne pouvais me douter, c'est que j'en tomberais amoureuse.




                         D'un côté, on a une jeune fille nommée Blue qui vit avec sa famille de voyants excentriques et à qui on a prédit que son véritable amour mourrait si elle venait à l'embrasser. Blue est entourée quotidiennement de femmes extraordinaires qui ont toutes un don de clairvoyance alors qu'elle a un seul et unique talent : celui d'amplifier celui des autres. De l'autre côté, on a une bande de garçons qui fréquentent le lycée le plus prestigieux de la région dont l'emblème est le corbeau, d'où leur surnom qui donne son nom à la saga de Maggie Stiefvater « the raven boys ». Ces « raven boys » sont à la recherche du tombeau d'un roi gallois qui pourrait exaucer n'importe lequel de leurs vœux. Parmi ces garçons, il y a Gansey. C'est lui qui souhaite trouver ce tombeau plus que tout, c'est son obsession, ce qui l'anime. 
                        Quand Blue accompagne sa tante lors d'une soirée mystique, unique nuit de l'année où les voyants peuvent apercevoir les fantômes des personnes qui mourront pendant l'année en cours, elle qui n'a aucun pouvoir psychique et ne peut donc pas voir les fantômes, voit le fantôme d'un jeune homme qui s'appelle … Gansey. Or, si une personne dénuée de pouvoirs voit un fantôme, seuls deux raisons peuvent expliquer cela : cette personne est soit votre véritable amour, soit une personne que vous tuerez. Voilà comment commence le roman ... et quel roman !

                         La première phrase de ce livre est celle-ci : «Blue Sargent had forgotten how many times she'd been told that she would kill her true love" , traduction : Blue Sargent ne comptait plus le nombre de fois où on lui avait dit qu'elle tuerait son véritable amour. Intriguant, non ? Intriguant, ce premier tome l'est indubitablement. C'est un roman Young Adult et donc théoriquement à destination des adolescents et pourtant, il sort des codes du YA paranormal pour devenir quelque chose d'autre : entre roman fantasy et contemporain, conte de fée et drame, les influences de Maggie Stiefvater sont diverses mais le tout est subtil, cohérent, parfaitement maîtrisé. Quant Maggie Stiefvater s'inspire d'une certaine mythologie, elle arrive à en faire quelque chose d'autre, crée son propre folklore, réussit à distiller de la magie dans chacune des pages du roman que l'on tourne.
                        Quand je dis que le roman est maîtrisé, c'est d'abord par sa structure. Le rythme du roman est travaillé de sorte qu'on apprend à connaître les caractères et les enjeux du récit sans que cela paraisse forcé ou trop rapide. On ne tombe pas amoureux des personnages du premier coup, pourquoi le ferait-on ? Ce n'est pas comme ça que ça marche dans la vraie vie, après tout. On les suit chapitre après chapitre, ils nous agacent un peu, on ne les comprend pas toujours mais ils sont authentiques, ils nous donnent envie de leur poser des questions auxquelles ils ne répondront pas tout de suite, nous faisant mariner... jusqu'à ce qu'on obtienne les réponses qu'on attendait. Que ce soit dans ce premier tome ou dans les deux livres qui suivent, j'en suis sortie à chaque fois chamboulée. 
                        Bizarrement, ce que j'ai préféré de ce roman à posteriori, c'est de ne pas l'avoir adoré dès le début. Il a su m'envouter dans la durée. J'appréciais ma lecture, je n'étais pas encore fan et puis il y a une scène précise dans le roman (celle dans l'église avec Ronan, pour ceux qui l'ont lu !) qui m'a bouleversée et c'est là que j'ai su que je lisais quelque chose de spécial. Après ce chapitre, tous les autres m'ont laissée sans voix. Ces personnages, cette histoire, ce style d'écriture poétique, l'univers ... je ne changerais rien de tout cela. Et puis, ce n'est pas juste "un roman pour ados avec de la magie", c'est tellement de choses à la fois : c'est un roman sur la famille, c'est un roman sur l'amitié, c'est un roman féministe, c'est un roman sur la violence, sur le désespoir et oui, sur la magie aussi : la magie qu'on trouve dans la jeunesse, dans l'amour, dans la fougue. Mais plus que tout, sur la magie que constitue le simple fait d'être vivant.

                   
                    The Raven Boys est le meilleur livre que j'ai lu cette année et je constate malheureusement que s'il est incroyablement populaire aux Etats-Unis (et notamment sur Tumblr avec une fandom enthousiaste et créative), il n'en est pas de même en France. La faute à un mauvais marketing qui a voulu vendre cette série comme une romance paranormale alors que la romance est en arrière plan ? Une traduction qui ne rend pas le charme du style magnifique de l'auteur ? Je ne sais pas, mais ce qui est sûr c'est que je ne peux qu'encourager mes lecteurs anglophones à se jeter sur cette saga si ce n'est pas encore fait. Si vous aimez les univers fantastiques remplis de poésie, les personnages torturés pour de bonnes raisons et pas juste pour "faire cool", les histoires d'amour impossibles (élément développé dans les tomes suivants par contre)  ... The Raven Boys a de bonnes chances de vous plaire.