Je veux être au courant des supers reviews de la super fée Ryalle !

samedi 20 septembre 2014

“Stories are the wildest things of all. Stories chase and bite and hunt.”




J'ai récemment lu le premier tome de la trilogie de Patrick Ness "Le Chaos en marche" que j'ai plus qu'adoré. Je me devais donc de me pencher sur son autre roman, un one-shot cette fois : Quelques minutes après minuit. Une lecture bouleversante. 


Conor est un jeune garçon qui vit un moment très difficile puisqu'il doit seul affronter au quotidien la maladie de sa mère. De plus, il souffre de cauchemars récurrents qui le hantent. Et puis un soir, c'est l'arbre près de chez lui qui se met à lui parler ... 




Mon avis : 



                    Ce roman est extrêmement court puisqu'il ne fait que 200 pages et en le lisant, j'ai eu l'impression de lire un conte, de me replonger dans le genre d'aventures à la fois merveilleuses et terrifiantes qui m'enchantaient lorsque j'étais enfant, la présence d'illustrations (magnifiques) tout au long du roman, renforçant cette impression. Mais ce roman n'est pas comme n'importe quel livre pour enfant : il est empreint de maturité et traite de sujets très sérieux : la maladie, d'abord mais aussi la culpabilité, le sentiment d'abandon, la violence à l'école ... et j'en passe ! 
                    Il est assez dur pour moi de parler de ce livre car je pense que c'est une expérience à vivre, un roman à lire d'un trait pour ressentir ce que Patrick Ness a nous dire sur le pouvoir des mots, sur la nécessité de la souffrance et sur la guérison. Je trouve que Patrick Ness est un auteur formidable et réussir à insuffler autant d'emotion en si peu de pages, je trouve cela magnifique. 
                    Pour finir, il faut savoir que même si Quelques minutes après minuit est un roman jeunesse, c'est un roman très intense, attendez vous donc à être remués ! Mais j'ai aimé le contraste entre l'aspect merveilleux de l'intrigue et la dure réalité de la vie de Connor, cela ne m'a rendu le personnage que plus attachant. Un excellent roman écrit d'une main de maître. Je recommande chaudement.



Note sur Goodreads : 5/5



Quelques minutes après minuit de Patrick Ness publié chez Gallimard Jeunesse. 215 pages. 2012.

mercredi 17 septembre 2014

"Oh, there are so many lives. How we wish we could live them concurrently instead of one by one by one. We could select the best pieces of each, stringing them together like a strand of pearls. But that's not how it works. A human's life is a beautiful mess.”



Il y a des livres avec des résumés si tentants qu'on doit les lire. Des résumés qui promettent de merveilleux moments de lecture, des résumés qui correspondent à ce que l'on recherche : celui de Une Vie Ailleurs de Gabrielle Zevin a eu cet effet sur moi. De quoi est-il question dans ce roman ? Et bien nous suivons les aventures de la jeune Lizzie, après sa mort. Elle se retrouve dans une sorte de monde parallèle mais identique au nôtre, où tous les morts revivent mais au lien de grandir, rajeunissent jour après jour jusqu'à redevenir des bébés et renaître. Laissez moi deviner, vous aussi vous trouvez ce résumé génial ? 




Mon avis :


                     Je mourrais d'envie de lire ce livre et j'ai été comblée ! Au début, je dois dire que j'ai été un peu déboussolée car je m'attendais à un roman Young Adult classique mais le ton, l'atmosphère et l'intrigue correspondent plus à un roman jeunesse (8-12 ans), même si certains thèmes abordés rejoignent en effet la tranche Y.A (12 ans et plus). Mais honnêtement, cela ne m'a pas du tout gênée, au contraire, j'ai eu l'impression de retomber en enfance et de retrouver ce que j'aimais dans la littérature jeunesse : la fougue de l'héroïne, les personnages secondaires qui ont tous leur importance, le monde enchanté que constitue l'Ailleurs où Lizzie vit désormais ... 
                     J'ai adoré le style de Gabrielle Zevin qui arrive très bien à capter à la fois l'étrangeté de l'univers présenté et sa beauté. Le roman est à la fois drôle, tendre et bouleversant et pose des questions très justes sur la vie et la mort mais d'une façon inédite et particulièrement intelligente. En plus des personnages attachants et du plaisir de les voir évoluer ensemble, je tiens à saluer ce concept de Vie après la Mort que j'ai trouvé très ingénieux : la façon dont le thème de la mort est abordé permet de dédramatiser ce sujet ô combien sérieux, ce que j'ai énormément apprécié. 
                    J'ai donc énormément aimé ce roman que je conseille à tous : enfants, ados, adultes, garçons, filles ... Certains passages m'ont énormément touchée et m'ont pour le temps d'une lecture, permis de voir la mort sous un autre angle. Une lecture envoutante qui m'a d'ailleurs rappelé les mots de Dumbledore dans Harry Potter et la chambre des secrets"After all, to the well-organized mind, death is but the next great adventure." : "Après tout, pour un esprit équilibré, la mort n'est qu'une grande aventure de plus. "



Note sur Goodreads : 4,5/5



Une Vie Ailleurs de Gabrielle Zevin, publié aux Editions Albin Michel , coll. Wiz. 313 pages. 2005.

lundi 15 septembre 2014

L'épreuve tome 2, La Terre Brûlée (sans spoilers !)



La trilogie "The Maze Runner" de James Dashner est une trilogie que je mourrais d'envie de commencer depuis plusieurs années. J'ai lu le premier tome qui m'avait bien divertie en début d'année et je me suis décidée à attaquer ce second tome avant la sortie du film tiré du premier roman. Alors, est-ce que ce livre a passé l'épreuve ? (hahaHAHA)




                  Comme je l'ai dit, j'ai beaucoup apprécié le premier tome pour son aspect divertissant et addictif. Je lui ai néanmoins reproché certaines choses qui se sont plus ou moins arrangées dans cette suite. D'abord, je trouvais que l'univers mis en place par James Dashner était certes intriguant mais pas totalement immersif, ne permettant pas une visualisation nette de ce qu'était le labyrinthe. Toutefois, le cadre dans lequel se déroule l'intrigue dans La Terre Brûlée m'a conquise, étant fan d'espaces désertiques dans la fiction. (Dune de Frank Herbert est passé par là !) De ce point de vue donc, j'ai trouvé que l'espace fictif dévoilé dans ce tome 2 avait plus de cohérence et correspondait plus à mes goûts de lectrice, tout simplement. 
                  Après, les défauts du tome 1 reviennent : la plume pas très inspirée de James Dashner avec ses dialogues creux et ses descriptions pas très soignées selon moi. Mais encore une fois, la saga "L'Epreuve" est une série qui se concentre sur l'action, j'ai donc pu passer outre ces éléments dérangeants. Le gros point noir alors, qu'est-ce que c'est ? Et bien pour moi, c'est Thomas tout simplement. Je trouve ce personnage principal au mieux fade, au pire carrément insupportable. Et idiot, aussi. Je veux dire, je peux comprendre l'aveuglement d'un personnage mais quand le dit-personnage est présenté comme étant une sorte de surdoué, ça commence à devenir gênant. Je ne suis donc pas vraiment attachée aux personnages de cette trilogie même si j'apprécie de plus en plus le personnage de Teresa, bien plus charismatique que le héros selon moi.
                  J'ai conscience que cet avis peut sembler mitigé, mais je tiens à préciser que j'ai passé un excellent moment de lecture même si j'ai noté une première cinquantaine de pages un peu agaçante. Ce roman est rempli d'action et intensifie le mystère autour de l'identité et du passé de Thomas. Alors oui, la plupart du temps j'ai vu les rebondissements arriver gros comme une maison, mais l'intrigue m'a paru plus intense dans ce second tome et la présence de nouveaux personnages m'a beaucoup plu. 

                 Je pense sincèrement que cette saga aurait pu être une duologie si on avait ajouté 2-3 chapitres d'explications en plus dans ce tome 2 mais le cliffhanger annonce quand même pas mal de choses intéressantes donc je suis quand même très impatiente de découvrir le dénouement de cette saga, même si j'ai le redoute un peu !



Note sur Goodreads : 3,75/5



L'épreuve, tome 2 : La Terre Brûlée de James Dashner publié chez Pocket Jeunesse. 414 pages. 2013.

samedi 13 septembre 2014

"Sometimes you make choices in life and sometimes choices make you.”





La duologie "If I stay" de Gayle Forman, est une duologie dont on entend beaucoup parler en ce moment, avec le sortie du film "If I Stay" tiré du premier tome. Mon avis sur ces deux romans !



Si je reste 

Si je reste raconte l'histoire d'un choix, celui que Mia doit faire après l'accident de voiture qui a tué ses parents et blessé son petit-frère. Doit-elle choisir de s'en aller, comme eux ou bien de rester en vie auprès d'Adam, le garçon qu'elle aime, et de ses autres proches ? 



                         Si je reste est un roman que j'ai beaucoup aimé. Le roman tourne autour du choix de Mia et pour se faire, alterne moment présent où Mia est dans le coma et peut voir ce qui se passe dans l'hôpital ET flashbacks pour se remémorer certains souvenirs et décider de si elle veut mourir ou rester en vie. Le concept est simple donc et j'ai apprécié que Gayle Forman s'en tienne à cette intrigue, ce qui donne certes, un roman très court (à peine 200 pages en grand format) mais intense.
                       Mon aspect préféré de ce tome 1 est l'insertion de flashbacks. Dans certains cas, les flashbacks peuvent alourdir le récit, mais ici, au contraire, j'ai trouvé qu'ils permettaient de l'intensifier et de mettre d'autant plus en évidence la difficulté du choix de Mia. J'ai adoré découvrir l'histoire de Mia et d'Adam à travers ses flashbacks, que j'ai trouvés très émouvants et bien racontés. De plus, la présence de la musique dans le roman est un aspect très agréable, Mia est en effet une violoncelliste prodige alors qu'Adam est un rockeur et j'ai trouvé ce contraste très appréciable, étant une fan de musique. 
                       En ce qui concerne la plume de Gayle Forman, je ne l'ai pas trouvée exceptionnelle : je ne trouve pas que Si je reste soit un roman particulièrement très bien écrit mais je dois reconnaitre que Gayle Forman a un don pour faire ressortir les émotions des personnages qu'elle crée (encore plus dans Là où j'irai) et rend bien compte de l'ampleur du dilemme déchirant que Mia doit affronter. 
                       J'ai donc beaucoup apprécié Si je reste pour sa sobriété et je dois admettre que le couple Mia/Adam m'a fait fondre à certains moments ! Je n'ai pas adoré mais j'ai passé un très bon moment !


Note sur Goodreads : 4/5




Là où j'irai

Là où j'irai est donc la suite de Si je reste mais s'intéresse cette fois au point de vue d'Adam et des conséquences que le choix de Mia (sans spoilers hein) a eu sur sa vie.



                          Tout comme Si je reste, ce roman aura été une lecture très agréable et je l'ai même légèrement préféré à son prédécesseur. Adam est un personnage torturé et Gayle Forman parvient à livrer avec beaucoup d'intensité les sentiments du jeune homme même si c'est déchirant. Adam est un personnage avec qui on ne peut éprouver que de la sympathie même si à certains moments, on aimerait le secouer.
                         Encore une fois, je salue le talent de Gayle Forman qui avec une écriture très simple, parvient à trouver les mots et expressions exactes pour définir les sentiments de ses personnages : elle capture l'abandon et la souffrance et aussi, ce sentiment qu'on a tous connu : celui de devoir avancer malgré tout, de se rendre compte qu'on est à l'aube de quelque chose et qu'il faut se relever. De nouveau, et de manière plus présente, la musique tient une place importante dans le roman, j'ai d'ailleurs beaucoup apprécié les paroles de chansons écrites par Adam, placées en début de chapitre. 
                        A un moment, vers le milieu, j'ai eu peur de la direction que prenait ce roman mais je dois dire que la fin m'a conquise et les derniers chapitres ont même réussi à m'arracher des larmes ! Les livres de Gayle Forman sont, je trouve, des sortes d'études romancées sur ce qu'est le sursis : comment en un temps donné, les personnages doivent arriver à se libérer de cet état de transit pour arriver à se relever grandis. (c'est d'ailleurs le thème de son autre duologie "Just one day", il me semble !) Les thèmes difficiles que constituent le deuil, l'anxiété, la dépression et la découverte de soi sont abordés de manière très sobre et juste et je ne peux que conseiller cette série de deux romans, qui furent de très belles découvertes, certes pas transcendantes mais très trèèèès appréciables. 
                   

Note sur Goodreads : 4/5




Si je reste de Gayle Forman publié aux Editions Oh! 220 pages. 2009.
Là où j'irai de Gayle Forman publié chez Pocket. 236 pages. 2011.







mercredi 10 septembre 2014

“Of course they needed to care. It was the meaning of everything.”




J'avais lu Le Passeur une première fois pour les cours. Je n'avais jamais entendu parler de ce roman, je me méfiais encore des lectures scolaires imposées, et ma connaissance de la dystopie se limitait à la saga "Uglies" de Scott Westerfeld et à de vagues références piochées par-ci par-là. Me plonger dans ce roman avais alors été une expérience troublante et enrichissante. Six ans plus tard, je ressors de cette relecture aussi conquise que la première fois.





Mon avis :



                           Le Passeur a été publié pour la première fois en 1993 mais il n'a pas pris une ride. Ce roman se penche sur la destinée singulière du jeune Jonas qui vit dans un monde où le quotidien est réglé au millimètre près. A douze ans, les jeunes garçons et filles se voient attribuer le métier qui leur correspondent le plus. Jonas se voit attribuer celui, prestigieux, de Dépositaire de la mémoire. Et c'est à ce moment que cette société qui nous paraissait idéale, se révèle aux yeux du lecteur, est fait de ce roman une dystopie. 
                          Ce qui est frappant dans ce roman, c'est la simplicité du texte. Le style d'écriture est simple mais percutant. L'intrigue l'est tout autant mais la façon dont le tout s'imbrique, est tout aussi percutante. Simple donc, mais absolument pas simpliste. Il y a une beauté dans la façon dont les mots les plus simples, parviennent à dire le plus poignant, le plus intense, le plus vrai. J'ai aimé le rythme du récit, la maitrise de l'auteur qui mène son récit du début jusqu'à la fin avec intelligence. J'ai trouvé la relation entre Jonas et Le Passeur d'autant plus belle que les autres rapports entre personnages n'en paraissaient que plus fades. Et c'est d'ailleurs une des préoccupations majeures du roman : comment ce qui est réglé avec minutie et semble si bien fonctionner peut, bien que d'apparence idéale, se révéler monotone, gris, à côté du désordre, des faux pas, des sensations trop vives, de la vie en somme. De plus, elle aborde des thèmes cruciaux et avec ce roman, pousse le lecteur à la réflexion, pendant et même après la fermeture du livre.                        
                        Je me rappelle avoir été marquée par la fin, à l'époque, par la façon inattendue dont le roman s'était achevé et absolument enchantée par la splendeur des derniers mots et cela n'a pas manqué ce coup ci aussi. Lois Lowry a un talent de conteuse indéniable, une plume sans fioritures qui va au coeur des choses, qui touche au viscéral. C'est avec Le Passeur, qu'à quinze ans j'ai découvert que le récit le plus simple d'apparence pouvait en fait se révéler rempli de poésie. Un grand moment dans ma vie de lectrice.



Note sur Goodreads : 5/5




Le Passeur de Lois Lowry publié aux Editons Medium. 288 pages. 1994

lundi 8 septembre 2014

"L'amitié resiste mal au temps qui passe. Ce n'est pas une révélation. Ma mère m'a dit un jour qu'une bonne famille, c'était celle qu'on quittait facilement, parce que c'est le but des enfants : partir vivre leur vie. Je me suis souvent demandé si c'était pareil pour l'amitié. Car entre nous, ce n'est pas ça du tout. Nous ne savons pas nous quitter. Et je suis encore pire que les autres. Je reste plantée là, à me cacher les yeux pour ne pas voir les autres qui s'en vont, en attendant qu'on soient de nouveau réunies"




La saga "Quatre Filles Et Un Jean" fait partie de moi, c'est un fait. Alors dire que me lancer dans ce cinquième et ultime tome fut difficile est un euphémisme. Mais je me suis enfin décidé à terminer cette saga. Et j'en ressors plus que bouleversée. Grandie.



                         Je les ai suivies pendant des années ces quatre adolescentes devenues femmes. Depuis mes onze ans exactement, alors que dans le premier tome elles avaient quinze ans : elles ont donc toujours été comme des grandes soeurs pour moi. J'aimais Bridget et sa fougue, Carmen et ses caprices, Tibby et sa clairvoyance et Lena et son recul. Je les aimais et le quatrième tome est arrivé, achevant de manière satisfaisante la saga, ou du moins je le pensais ... jusqu'à découvrir l'existence de ce cinquième opus. L'intrigue se déroule dix ans après les événements du quatrième tome : Tibby qui vit en Australie invite ses trois amies en Grèce pour qu'elles se retrouvent enfin après s'être éloignées, elles en ont besoin et elles trépignent d'impatience de passer une semaine ensemble. Seulement, rien ne se passera comme prévu. 
                        J'ai savouré ce roman comme s'il était un vieil ami que je devais quitter mais que je ne pouvais me résoudre à abandonner. Il y a quelque chose d'unique pour une lectrice comme moi, de redécouvrir les héroïnes de son adolescence et de constater combien elles ont grandi. J'ai un attachement profond pour ces quatre filles et ce qu'elles représentent en tant que groupe et je me suis sentie désemparée en assistant à leur chagrin. Car oui, ce roman est extrêmement triste, j'ai pleuré tout le long et encore de longues minutes après avoir lu la dernière page. Mais c'est une belle tristesse, de celles qui nous font apprécier la vie plus justement. 
                       Ann Brashares a un don pour nous immiscer dans le quotidien de ses personnages, pour les rendre tellement réels qu'on ne peut que les comprendre, malgré les mauvaises décisions qu'ils leur arrivent de prendre. Et puis je suis une grande fan du style d'écriture d'Ann Brashares, toujours au service de l'analyse psychologique de ses personnages. Ce tome est surprenant, choquant même mais je me rend compte que c'est la conclusion idéale. Celle qui nous fait quitter les personnages en pleurant, mais avec un sourire aux lèvres quand même. Je n'ai jamais aimé autant des personnages dans un roman et je n'ai jamais été aussi remuée par la direction prise par le destin de protagonistes dans une oeuvre de fiction. Ces jeunes femmes et leurs aventures resteront en moi. Pour toujours <3



Note sur Goodreads : 5/5 stars



Quatre Filles Et Un Jean Pour Toujours de Ann Brashares publié chez Gallimard Jeunesse. 432 pages.

vendredi 5 septembre 2014

La dimension fantastique - 3





La Dimension fantastique est une série d'anthologies de nouvelles fantastiques emblématiques. Cette troisième édition regroupe 10 nouvelles fantastiques écrites par différents auteurs.



Un avis concis nouvelle par nouvelle : 


Rêve d'enfer de Gustave Flaubert : Une nouvelle très belle, très subtile avec la plume magnifique de Flaubert. 4/5

Le Diable chiffonier de Victor Hugo : Une nouvelle très courte, de quelques pages seulement. Elle se lit très bien et est plutôt drôle. 3/5

Le Bracelet de cheveux d'Alexandre Dumas : Très bonne nouvelle, très courte qui constitue une lecture fluide et très agréable. 4/5

Le Prince Heureux d'Oscar Wilde : Magnifique conte rempli de tendresse et de poésie. 5/5

Les deux masques de cire de Claude Farrère : Je ne connaissais pas du tout cet auteur mais c'est une excellente découverte ! Encore une nouvelle extrêmement courte mais excellente ! 5/5

La Corne de corail de Marcel Brion : Une nouvelle au charme étrange. Déconcertante, mystérieuse et dont la fin a fini de me séduire. Ah et la plume de Marcel Brion est très belle ! 4/5

1 Dollar 98 de Arthur Porges : Une nouvelle très courte, une sorte de parodie d'histoire de génie et de voeux. Très drôle et facile à lire, j'ai beaucoup apprécié. 4,5/5.

Du sang ! de Fredric Brown : Une nouvelle d' à peine deux pages sur deux vampires qui cherchent à se nourrir. Rien de bien consistant mais le dénouement de la nouvelle m'a fait éclater de rire ! 4,5/5

Le vent de Ray Bradbury :  Ray Bradbury est un auteur que j'adore et cette nouvelle vient confirmer mon opinion sur son talent. Cette nouvelle se lit de manière limpide, amène des réflexions très intéressantes et a un dénouement très réussi. Un régal. 5/5

Les frères siamois de Alexandro Jodorowsky : Une excellente nouvelle sur le thème des siamois : on entend le point de vue de deux frères siamois. J'ai adoré cette nouvelle qui, bien que courtissime, soulève des thèmes très intéressants traités avec humour, intelligence et poésie. 5/5



J'ai énormément aimé ce recueil de nouvelles qui m'a donné envie de découvrir ces auteurs avec d'autres de leurs oeuvres. J'ai apprécié la diversité du recueil puisque chaque nouvelle est unique même si le tout reste cohérent. Pour les lecteurs amateurs de nouvelles, je conseille cette anthologie qui regroupe des nouvelles de qualité, toutes extrêmement bien écrites. Un très bon moment de lecture ! 




Note sur Goodreads : 4/5 stars




La Dimension fantastique publié chez Librio. 112 pages.

mercredi 3 septembre 2014

Où, quand, dans quel monde devait-il sonder pour découvrir un esprit jumeau, un esprit détaché des lieux communs, bénissant le silence comme un bienfait, l'ingratitude comme un soulagement, la défiance comme un garage, comme un port ?"





A Rebours est un roman de Joris-Karl Huysmans, publié en 1884. C'est un roman singulier qui suit l'évolution des pensées de Des Esseintes, personnage qui nous livre ses états-d'âme entre son amour inconditionnel pour l'art et son dégoût de la société dans lequel il vit. Un chef-d'oeuvre. 




Mon avis :


                       Si vous cherchez des informations sur l'intrigue de ce roman, ce qu'il faut d'abord que vous sachiez c'est qu'il ne se passe pas grand chose dans ce livre, presque rien à vrai dire. Donc si vous recherchez un roman bourré d'action et de rebondissements, passez votre chemin ! A Rebours pour moi, c'est la célébration d'une conception de l'existence qui serait vouée à la contemplation de toutes les formes d'art : peinture et littérature essentiellement mais aussi la musique, la gastronomie et même la décoration d'intérieur. Des Esseintes est un personnage qui méprise les hommes, qui n'a d'estime que pour les artistes qui produisent des oeuvres adaptées à son hypersensibilité et j'ai donc aimé me plonger dans ses états d'âme : Des Esseintes est un homme torturé aussi psychologiquement que physiquement et s'il est difficile d'éprouver de la sympathie pour ce personnage peu avenant en somme, une certaine fascination pour lui émerge au fil des pages. 



"Le mouvement lui paraissait d'ailleurs inutile et l'imagination lui semblait pouvoir aisément suppléer à la vulgaire réalité des faits. A son avis, il était possible de contenter les désirs réputés les plus difficiles à satisfaire dans la vie normale, et cela par un léger subterfuge, par une approximative sophistication de l'objet poursuivi par ces désirs mêmes."




                        Le style de Huysmans est très travaillé et s'il ne m'a pas touché autant que celui d'autres auteurs classiques, j'ai tout de même été sensible à la plume de cet écrivain. Les sujets abordés m'ont vraiment parlé et je me suis sentie étrangement connectée au personnage principal. Ce roman a une espèce d'apparence encyclopédique et je n'ai évidemment pas saisi toutes les références et, si cela m'a quelquefois dérangé, je dois dire que cela m'a énormément aidé à saisir le personnage de Des Esseintes en me familiarisant avec ses goûts et préférences. 



"Puisque, par le temps qui court, il n'existe plus de substance saine, puisque le vin qu'on boit et que la liberté qu'on proclame, sont frelatés et dérisoires, puisqu'il faut enfin une singulière dose de bonne volonté pour croire que les classes dirigeantes sont respectables et que les classes domestiquées sont dignes d'être soulagées ou plaintes, il ne me semble, conclut Des Esseintes, ni plus ridicule ni plus fou, de demander à mon prochain une somme d'illusion à peine équivalente à celle qu'il dépense dans des buts imbéciles chaque jour, pour se figurer que la ville de Pantin est une Nice artificielle, une mention factice."





                    Dans ce roman, ce que j'ai trouvé frappant, c'est que Des Esseintes est probablement le personnage de fiction que j'ai eu l'impression de connaître le mieux grâce à toutes les informations que Huysmans nous livre à son sujet. Pourtant, paradoxalement, je l'ai trouvé énigmatique, comme éloigné de tout. Je n'étais pas d'accord avec tout ce qu'il faisait ou pensait mais je le comprenais en partie et malgré cela, demeurait toujours cette impression que le personnage était insaisissable. 



"Le tout est de savoir s'y prendre, de savoir concentrer son esprit sur un seul point, de s'avoir s'abstraire suffisamment pour amener l'hallucination et pouvoir substituer le rêve de la réalité à la réalité même."





                      A Rebours est un roman au charme étrange que j'ai aimé découvrir page après page, apprendre, me laisser emporter par les mots de Huysmans et par la névrose de son personnage. Toutefois, je conçois que des lecteurs puissent être rebutés par le flot de références plus ou moins compréhensibles et par l'absence d'action; il faut donc savoir à quoi s'en tenir. En ce qui me concerne, A Rebours est un roman que j'ai beaucoup aimé et qui a résonné en moi d'une façon particulière. 



Note sur Goodreads : 4/5 stars



A Rebours de Huysmans publié chez Folio classique. 430 pages. (pour seulement une deux-centaine de pages)

mardi 2 septembre 2014

“Tampon commercial, detergent commercial, maxi pad commercial, windex commercial - you'd think all women do is clean and bleed.”



Je rentre de vacances où j'ai eu le loisir de lire Gone girl, « Les Apparences » en français, thriller percutant de Gillian Flynn. Verdict !


                    

                      De quoi parle Gone Girl ? Tout d'abord, je pense qu'il est important de rentrer dans ce roman sans trop en savoir : Nick se réveille un matin comme tous les matins, seulement ce jour-là, sa femme disparaît. Où est-elle allée ? Est-elle seulement vivante ? Nick est-il impliqué dans sa disparition ? Voilà tout l'enjeu du roman. Cette intrigue paraît basique à première vue, et c'est vrai que les enjeux de ce thriller sont simples : savoir ce qu'est devenue Amy. Mais ce roman est singulier.
                      Dès le départ, le style m'a happée. C'est un style brut, pinçant, qui sans être excessivement intéressant littérairement parlant, capte l'attention du lecteur. Les faits sont là : Amy a disparu, il faut la trouver et le style de Gillian Flynn nous emporte dans cette enquête dès les premières pages, sans toutefois – ce que j'ai grandement apprécié – négliger de nous présenter de manière approfondie les personnages.



 "L'amour vous donne envie d’être un homme meilleur – d’accord, d’accord. Mais peut-être que l’amour, l’amour vrai, vous donne aussi la permission d’être tout bonnement celui que vous êtes."


                     L'intrigue est très bien menée et j'avoue avoir été surprise, impressionnée même par le gros rebondissement qui l'a bouleversée. J'ai également trouvé très intéressant les réflexions amenées par l'auteure : sur le rôle de la femme, sur le mariage, sur l'importance de la vie professionnelle … réflexions qui sont venues enrichir le récit, et lui donner sa consistance. J'ai donc passé un très bon moment de lecture en somme, heureuse de m'éloigner de mes genres de prédilections pour lire ce thriller, genre que ne je connais que trop peu.



"Les individus ironiques se dissolvent toujours quand ils sont confrontés à la sincérité, c’est leur kryptonite."


                 Cependant, quelques éléments m'ont gênée. Pour commencer, j'ai trouvé l'atmosphère du roman extrêmement pesante et il m'étais parfois très dur d'enchainer un nombre de pages important : certains thèmes et événements dans ce roman m'ont paru malsains et le récit virait parfois au glauque. Ensuite, un élément que je regrette vraiment, c'est mon manque d'attachement envers les personnages : je les ai trouvés tous aussi antipathiques les uns que les autres et cela a accentué la malaise que j'ai parfois ressenti lors de ma lecture. Enfin, chose rare dans ma vie de lectrice, je n'ai vraiment pas été satisfaite par la fin du roman qui ne m'a pas apporté ce que je désirais, qui m'a frustrée et qui au fond n'est pas une vraie résolution de l'intrigue et je suis donc ravie que Gillian Flynn ait écrit une autre fin pour le scénario du film, une fin qui je l'espère sera plus percutante qu'ici !


Gone Girl est une lecture intéressante, sombre, dérangeante que je conseille à ceux qui sont à la recherche d'un thriller prenant et intelligent.




Note sur Goodreads : 4/5 stars.



Les Apparences de Gillian Flynn publié chez Sonatine (Epub).