Je veux être au courant des supers reviews de la super fée Ryalle !

jeudi 31 juillet 2014

"But it's hard for a man to give up all his pleasures, even when they don't pleasure him no more."




La peau sur les os, mon quatrième roman lu de Stephen King. Charlie, Marche ou Crève et Misery ayant été de grosses claques, j'étais curieuse de découvrir ce roman très intriguant et pas si connu que ça finalement. Verdict ?



Mon avis :


                     La Peau sur les Os, c'est l'histoire de Billy qui après avoir malencontreusement renversé une vieille femme gitane en conduisant, se met à perdre tous les jours du poids. Persuadé qu'il est victime d'une malédiction, il s'élance dans une quête éperdue pour rompre ce maléfice. 
                     J'ai beaucoup aimé ce roman même s'il est incontestablement celui que j'ai le moins aimé de King jusqu'à présent. Je trouve le concept certes simple, mais vraiment puissant et accrocheur. Le roman a un rythme très soutenu, suivant la déchéance physique et morale de Billy. J'adore toujours autant le style d'écriture de King, je suis très sensible à son humour noir et à ses réflexions sur la nature humaine et la société. Je n'étais pas sûre d'apprécier le personnage principal au début car je le trouvais creux mais plus son mal-être augmentait et puis je le trouvais attachant : on voit très bien qu'en plus de souffrir physiquement, ce mal le ronge tout entier, jouant avec sa santé mentale et j'ai trouvé cela particulièrement intéressant. 
                    De plus, avec ce livre, on fait la connaissance d'un groupe de gitans et même si cette approche reste superficielle (ce n'est pas non plus le but du livre, au fond), j'ai apprécié  le fait de côtoyer cette culture le temps de quelques centaines de pages et j'ai vraiment beaucoup aimé la façon qu'a eu Stephen King d'exploiter leurs rites pour générer du fantastique. 
                   Je dois aussi dire que ce roman n'a pas fait exception, décidément j'adhère totalement aux fins des romans de Stephen King, toujours très fortes et dérangeantes même si elles peuvent frustrer quelques un. Ce roman n'est pas révolutionnaire, pas vraiment bouillonnant d'action (mais s'il n'en est pas dépourvu) mais j'ai passé un excellent moment et je le conseille aux lecteurs qui apprécient ce genre d'histoire.



La Peau sur les Os de Stephen King, publié chez J'ai Lu. (Edition de 1988) 377 pages. 

lundi 28 juillet 2014

"Eleanor was right. She never looked nice. She looked like art, and art wasn't supposed to look nice; it was supposed to make you feel something."









Eleanor : rouquine un peu enveloppée arrive dans un nouveau lycée. Dès le début, elle est victime de moqueries, elle ne trouve même pas de place dans le bus scolaire. Elle se voit donc obligée de s'asseoir par défaut à côté de Park, jeune asiatique de son âge, lui aussi un peu différent, un peu en marge ....  Leur relation va s'intensifier et nous offrir ainsi ce magnifique roman d'amour  (et de tant d'autres choses !) : Eleanor & Park





                                          De Rainbow Rowell, j'avais lu le désopilant et attachant Fangirl qui m'avait convaincue dès les premières pages. J'en attendais autant de ce roman qui fait l'unanimité partout. Et ma foi, quelle intensité que ce livre, quelle intensité ! On suit donc ces deux ados, Eleanor & Park : ils sont un peu paumés, chacun porte ses propres fardeaux personnels et pourtant ils vont se trouver l'un l'autre.

                                           Il y a d'abord Eleanor : des deux héros, c'est elle qui a le vécu le plus dramatique : son beau-père lui faisant vivre un véritable enfer quotidien. En plus de devoir subir cela,  elle est victime de moqueries incessantes de la part de ses nouveaux camarades : parce qu'elle est trop grosse, parce qu'elle s'habille bizarrement, parce qu'elle ne ressemble à personne. Puis il y a Park. Park, c'est le lycéen qui se fond dans la masse. Il n'est pas vraiment une victime, mais à sa façon il est aussi marginal qu'Eleanor. Il cherche sa voix dans le monde, existe à travers ses bandes-dessinées ou sa musique.

                                       Ce qui est beau dans ce roman, c'est la manière dont l'intensité de la naissance du sentiment amoureux est décrit, analysé, tellement bien retranscrit en mots que ça en devient étonnant. On suit étape par étape le cheminement de ce premier amour et c'est beau, touchant, triste mais surtout, le mot qui me vient (et que j'ai déjà employé) c'est : intense. La relation en elle-même est intense mais elle le devient encore plus par les éléments extérieurs qui viennent l'influencer : les parents, le lycée, le passé de chacun ... rendant le tout non seulement plus bouleversant mais aussi plus réaliste. 

                                            Quant à la plume de Rainbow Rowell, elle est toujours aussi agréable à lire : elle manie le sarcasme avec brio, rendant le roman très drôle malgré l'atmosphère pesante de l'histoire liée notamment aux problèmes personnels d'Eleanor. J'ai adoré les référence rock et comics, et le fait que l'histoire se passe dans les années 80 a également contribué à créer l'ambiance si singulière de ce roman. C'est donc une excellente lecture, qui m'a passionnée du début à la fin, qui m'a fait tomber amoureuse de cette histoire d'amour, qui m'a serré le coeur aussi car oui l'histoire est très triste à certains moments. C'est une lecture incontournable et j'ai tellement hâte d'en apprendre plus sur le projet de film de Dreamworks !




Eleanor & Park de Rainbow Rowell publié chez Pocket Jeunesse. 378 pages. 2014.

mardi 22 juillet 2014

Mini-Rewiews (6)




Résumé de Quatrième :



Entrez dans la Maison de la Nuit à vos risques et périls.
Dans un monde qui pourrait être le nôtre vit Zoey Redbird, une adolescente presque comme les autres...
Un soir après les cours, un jeune homme inquiétant s'approche d'elle. Soudain, il la désigne du doigt et lui dit : "Zoey, ta mort sera ta renaissance, ton destin t'attend à la Maison de la Nuit". a ces mots, une marque mystérieuse apparaît sur son front. Zoey est terrifiée mais - elle le sait - elle doit intégrer le pensionnat où sont formés les futurs vampires, pour y réussir sa Transformation ou... mourir.


              


Mon Avis : 


                      Cette saga étant très populaire, j'étais curieuse de la découvrir mais j'ai été un peu déçue.
Je n'ai vraiment pas accroché à la plume des auteurs ou à l'humour, alors que cette saga est justement censée être légère et marrante. La mythologie vampirique mise en place est plutôt originale je dois dire, il y a de bonnes trouvailles qui font que la saga diffère un peu des autres romans que j'ai lus sur les vampires. Il y a de l'action, les pages se tournent vite ... mais malheureusement l'héroïne demeure très agaçante, le tout est très superficiel et certaines situations manquent de cohérence. Je vais donc considérer que c'était juste un premier tome d'introduction et espérer que la suite (que j'ai dans ma bibliothèque) sera meilleure ! 


La Maison de la Nuit, tome 1 : Marquée de P.C Cast et Kristin Cast publié chez Pocket Jeunesse. 330 pages. 2010.



"You can be noble and brave and beautiful and still find yourself falling."




Lauren est au lycée. Sa prof d'anglais donne aux élèves un devoir : celui d'écrire une lettre à un personnage historique défunt. C'est l'occasion pour Lauren de se confier à ses idoles : Kurt Cobain, Jim Morrison, Amy Winehouse ... et de pouvoir dire à quelqu'un ce qu'elle ressent car depuis la mort de sa soeur May, trop de choses sont enfouies en elle. La culpabilité, la colère mais surtout un chagrin immense. 



                                      Love Letters To The Dead, c'est un roman épistolaire adressé à plusieurs célébrités mortes tragiquement. Lauren est une ado perdue. Elle ne sait pas où est sa place dans le monde, elle sait encore moins si elle a droit à cette place maintenant que sa soeur est partie. Elle se pose toutes ses questions, les leur pose mais en profite également pour raconter à ces personnalités décédées, son quotidien : sa rencontre avec ses nouveaux amis, son premier amour, sa nouvelle vie sans May, sa famille qui s'effondre ... Elle revient aussi sur son passé avec sa soeur, sur ce qui est arrivé ce fameux jour où tout a basculé mais aussi bien avant, quand elle était encore persuadée que sa soeur avait des ailes et que rien ne pourrait jamais l'atteindre.
                                     Ce roman m'a laissée sans voix et en larmes. J'ai adoré le principe d'envoyer des lettres à ces gens connus, ça permet au lecteur d'en apprendre plus à la fois sur ces personnes mais aussi sur l'héroïne du roman qui parvient à s'identifier à eux, qui se cherche à travers eux. La plume de l'auteur est vraiment magnifique, elle a une façon de parler du chagrin et du deuil qui m'a bouleversée. J'ai aimé sa façon d'inclure les amis de Lauren au récit, ils n'étaient pas que des personnages secondaires, ils servaient le roman, suivre leurs histoires personnelles à eux-aussi était passionnant.
                                   Ce roman parvient également avec beaucoup d'habileté à créer un mystère autour de la mort de May, tous les secrets autour du drame ne rendant la lecture que plus intrigante. J'ai beaucoup apprécié la romance même si ce n'est pas le point central du roman. Je pense que les thèmes abordés dans ce livre sont bien que très durs, essentiels à traiter et la façon dont ils l'ont été font pour moi de Ava Dellaira une grande auteur, surtout quand on sait que c'est son premier roman !
                                 Ce livre c'est donc une leçon de vie dont je suis sortie grandie, bouleversée par les dernières pages (sublimes) mais surtout, heureuse d'être en vie.

Heart-Shaped Box by Nirvana on Grooveshark
Love Letters To The Dead d'Ava Dellaira publié chez Michel Lafon. 319 pages. 2014.


samedi 19 juillet 2014

Angelfall




L'Apocalypse. Des anges tordus et avides de sang. Une héroïne kickass à souhait, un ange sexy qui ne traîne plus avec ses semblables. Oh et une mère complètement tarée. Rajoutez du sang, des hormones et une planète dévastée : vous obtenez Angelfall ! 





Mon avis : 


                       Il y a un moment que je souhaite lire cette saga, le concept d'apocalypse engendrée par les anges m'intriguaient fortement. Et puis tous ces bons avis m'ont décidée à pré-commander le premier tome en français. Verdict ? J'ai adoré ! Bon, j'étais très sceptique en lisant les premières pages à cause du style d'écriture que je trouve très moyen ... mais Angelfall est une lecture totalement addictive dont il est difficile de se détacher ! Les pages se tournent toutes seules, l'ambiance post-apocalyptique est très prenante, on est immergés dans ce monde où survivre est devenu un défi quotidien. 
                      Les personnages sont très attachants, même si Penryn la protagoniste principale ne m'a pas convaincue dès le début mais au fil des chapitres sont côté déterminé et son amour pour sa soeur m'a touchée. Raffe, l'ange qui l'accompagne, tous deux ayant leur propre quête à mener mais s'entraidant tout de même, est un personnage très ... charmant haha ! J'ai complètement accroché à leur relation haine-amour très classique au fond mais qui a très bien fonctionné ici. Le fait que Raffe soit un ange très puissant et séduisant y est sûrement pour quelque chose ^^
                     Nous n'avons donc pas de moment de répit : entre la mère complètement tarée de Penryn, les gangs qui menacent d'agresser nos deux héros, les créatures inquiétantes qui rodent et bien-sûr des anges aussi beaux que redoutables, Penryn et Raffe luttent chaque seconde pour leur survie et pour arriver à retrouver ce qu'ils ont tous deux perdu... La fin est absolument impeccable, l'action ne s'interrompant jamais, les révélations s'enchaînant, la tension manquant d'imploser jusqu'à un final explosif qui m'a laissée sans voix. L'humour est présent, l'émotion aussi, Angelfall est donc une montagne russe qui m'a convaincue à 100 % même si le style d'écriture plutôt décevant l'empêche de devenir un autre de mes gros coups de coeur de cette année, même si on en est pas loin. Excellente lecture quand même ! (je recommande tout de même aux lecteurs qui lisent l'anglais de le prendre en V.O s'ils sont tentés, la traduction ne m'a malheureusement pas enthousiasmée)

Angelfall, tome 1 de Susan Ee publié chez Territoires. 404 pages. 2014.

vendredi 18 juillet 2014

Mini-Reviews (5)




Deuxième tome de la trilogie de fantasy jeunesse d'Erik l'Homme "Le livre des Etoiles". J'avais apprécié le tome 1, malgré un début qui ne m'avait pas particulièrement emballé, la fin cependant avait réussi à me captiver, notamment grâce aux point de vus alternés. 



                             Alors ce tome 2 : j'ai trouvé que c'était un bon tome, à la hauteur du précédent. Ce roman se lit très vite, il y a de l'action, des rebondissements, des mystères ainsi que de nouveaux personnages intrigants. Erik l'Homme a su créer un univers fantasy unique grâce à de belles trouvailles et des personnages très attachants. Il est vrai que cette saga est très axée jeunesse, avec un côté enfantin flagrant et qu'elle n'a rien de transcendant : j'ai regretté à certains moments le manque d'approfondissement mais cette trilogie est pour moi une très bonne manière de se lancer dans le monde de la littérature Fantasy, surtout pour les plus jeunes. Je lirai le troisième et dernier tome de la trilogie très bientôt, en espérant que cette saga s'achève en beauté, avec son originalité et son innocence qui me plaisent tant !


Le livre des Etoiles, tome 3 : Le Seigneur Sha d'Erik l'Homme publié chez Gallimard Jeunesse. 227 pages. 2002.

"I do not tolerate a world emptied of you. I have tried. For a year I have called every black tree Marya Morevna; I have looked for your face in the patterns of the ice. In the dark, I have pored over the loss of you like pale gold."


Sombre. Violent. Tragique, Romantique. Déchirant. Sensuel. Sanglant. 
Tous ces adjectifs peuvent décrire ce roman. Sur la quatrième de couverture il est écrit "un roman dont vous ne sortirez pas indemne"... ça n'a pas manqué pour moi.


                         
                          On fait la rencontre de Maria Morevna, jeune fille russe, rêveuse, qui aime regarder par la fenêtre, voit l'une après l'autre ses soeurs se faire emporter par des oiseaux qui se transforment en hommes et les prennent pour épouse. Maria attend patiemment son heure. Et puis un jour, Kochtcheï frappe à la porte. C'est au tour de Maria de suivre un homme. Mais cet homme n'est pas juste un Homme, il l'emmène dans un autre monde, un monde où la Vie se bat inlassablement contre les conquêtes de la Mort. 
                         

" Les choses arrivent parce que la Vie consume tout et que la Mort ne dort jamais; et le monde se meut entre elles. L'hiver devient printemps. Et de temps à autre, Vie et mort conduisent d'étranges et tristes et mesquines pantomimes, juste pour voir si l'une a pris le dessus sur l'autre, et si le monde se meut encore comme il le faisait. (...) C'est comme une Passion. Un sacrifice. Et je n'y suis certainement pour rien."

                          Immortel c'est un rêve couché sur papier, c'est le genre d'épopée mystique et poétique dont on ressort tout chamboulé. C'est la vie et la mort mis en flacon. C'est l'espoir et la souffrance et la guerre, la guerre dont on ne s'échappe pas ... Tout ça en un peu plus de 400 pages. On est plongés dans la réécriture de mythes russes tout ça dans un contexte d'empire soviétique en prise avec la 2nd guerre mondiale. 

" Entre nous il n' y aura jamais besoin de règles. Soyons voraces ensembles, amassons. Frappons-nous l'un l'autre avec des branches de bouleau, enfermons-nous mutuellement dans des donjons; buvons chacun le sang de l'autre dans la nuit et trahissons-nous en plein soleil"

                         Cette lecture a été pour moi un plaisir immense : le plaisir de découvrir ce folklore russe tellement passionnant, romantique à souhait : sombre, étrange, irresistible. Plaisir de rencontrer la plume de Catherynne M. Valente qui m'a chamboulée, qui m'a emportée dans un tourbillon de mots délicieux avec ses métaphores sublimes, sa façon d'extraire l'essence même de ce qu'est le désir humain, l'existence humaine, la mort ... Plaisir de me familiariser avec des personnages qui pour un temps on été mes compagnons de voyage, des personnages dont l'histoire m'a déchirée, je ne m'en remet toujours pas. Mais comment se remettre d'un roman comme celui-là ?

" Ô combien je t'adore, Maria. Comme je t'ai bien choisie. Réprimande-moi, rejette-moi. Dis moi que tu désires ce que tu désires et damne-moi pour toujours. Mais ne me quitte pas."

J'ai conscience que ce livre ne sera pas pour tout le monde : la plume de l'auteur est vraiment singulière, l'intrigue curieuse, les personnages atypiques. Mais si vous vous laissez tenter, peut-être vous perdrez vous aussi dans les mots, ces mots qui ont fait de cette lecture mon livre préféré de l'année et peut-être même de tous les temps. Un bijou. 

Broken Crown by Mumford & Sons on Grooveshark

Immortel de Catherynne M. Valente publié aux Editions Panini coll. Eclipse. 465 pages. 2014.


jeudi 17 juillet 2014

"I can't go back to yesterday because I was a different person then."






Alice au pays des Merveilles, "Alice in Wonderland", qui n'a pas entendu parler de ce roman ? De ce petit livre étrange qui a sa place parmi les plus grands classiques de la littérature anglo-saxone ? De passage à la bibliothèque j'ai pris ce livre, curieuse de découvrir ce classique et j'ai passé un très bon moment ! 



Mon avis : 


                                 Bon l'histoire, on la connait tous ! Alice est avec sa soeur bien tranquille assise dans l'herbe quand un lapin envahit son champ de vision, répétant inlassablement cette phrase si familière : "Je suis en retard"! Alice part donc à sa poursuite, basculant ainsi dans un autre univers aussi merveilleux qu'inquiétant. Alors j'ai beaucoup aimé, il faut savoir que je suis une grande fan d'absurde et avec ce roman, je me suis laissée glisser dans cet univers alternatif farfelu. Les pages se tournent toutes seules, le style est fluide, l'histoire qu'on connait par coeur est cependant agréable à suivre. Lire Alice au Pays des Merveilles, c'est un peu retomber en enfance, se laisser porter par un espèce de nuage multicolore, c'est doux, frais et on passe un moment agréable.
                                 Alors ça n'a ni été une révélation ni un coup de coeur, mais j'ai apprécié découvrir l'univers et la plume de Lewis Carroll qui ne ressemblent à rien de ce que j'ai pu lire auparavant. Je retiens notamment les dernières pages du roman que j'ai trouvées excellentes, avec des citations très fortes (tout au long du livres on en retrouve d'ailleurs). Je n'ai donc pas été bluffée mais je garde un excellent souvenir de ce livre et je pense sincèrement que j'aurais encore plus apprécié ma lecture si je n'avais pas été aussi familière du dessin animé Disney que j'ai vu et revu des dizaines de fois. Je conseille ce livre à tous, tout en avertissant les lecteurs pas très fans d'absurde et d'univers trop déjantés à qui ce livre pourrait déplaire. 



Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll publié aux éditons Folio Junior. 190 pages. Edition de 1986.

mercredi 16 juillet 2014

"I think you are wrong to want a heart. It makes most people unhappy. If you only knew it, you are in luck not to have a heart"




Bon, tout le monde a entendu parler du Magicien d'Oz. L'histoire de Dorothy est profondément ancrée dans l'imaginaire collectif américain, moins chez nous où les enfants grandissent plutôt en lisant les Fables de la Fontaine ou les contes des frères Grimm plutôt que de se pencher sur l'aventure de cette jeune habitante du Kansas. Malgré cela, nous connaissons cette histoire, lue ou pas, nous en avons entendu parler et c'est cette vague connaissance de ce "monument américain" qui m'a poussée à en savoir plus. 


Mon avis : 


                     J'avais hâte de me plonger dans cette aventure dite "enchantée", de retomber dans une enfance alternative où j'aurais moi aussi grandi en écoutant mes parents me conter l'histoire de cette Dorothée et de son chien Toto qui se font emporter par un cyclone, à Oz, un monde où ils vont vivre une formidable aventure, impliquant de la magie, la rencontre de personnages extraordinaires (dont évidemment le fameux magicien) etc. Oui, j'avais hâte, je m'attendais à lire une histoire merveilleuse. Et malheureusement j'ai été déçue. Qu'on se le dise, j'ai apprécié cette histoire, j'ai un amour sans limites pour la littérature jeunesse et me plonger dans un conte pour enfant est toujours un plaisir, j'aurais juste voulu que l'histoire soit plus épique, plus prenante mais ce ne fut pas le cas. Rajoutez une héroïne dont la puérilité et la naiveté m'ont exaspérée et un style d'écriture trop simple, simpliste même et ça donne cette déception dont je parlais.
                      Le tout m'a semblé trop enfantin, et oui j'aime les histoires pour enfant mais lorsque j'en lis une je n'ai pas envie de limiter l'oeuvre à justement le fait que ce soit une "histoire pour enfants"; j'ai envie qu'elle m'embarque, qu'elle dépasse l'âge pour qui elle est destinée. Alors quand il y a récit "simpliste" comme ça et qu'en plus ce récit est un des plus connus et appréciés de l'histoire de la littérature américaine, je ne peux pas m'empêcher d'aller plus loin dans ma lecture, de chercher les double-sens, les métaphores ...  Pourtant s'il y en a, je ne les ai pas trouvés, je suis resté dans ce premier degré pas très passionnant.
                     Alors oui, les personnages sont haut en couleur, oui, le monde présenté est plutôt enchanteur, l'histoire belle et les courts chapitres permettant une lecture fluide et rapide mais même si j'ai apprécié Le Magicien d'Oz, je n'en garderai pas un souvenir radieux.



Le Magicien d'Oz de L. Frank Baum publié aux éditions Librio. 125 pages. 

" It's not a big thing, but I guess it's true : big things are often just small things that are noticed "




Markus Zusak, c'est l'auteur de La voleuse de livres, un de mes livres préférés et livre quasi-culte maintenant. Lorsque j'ai vu que les éditions Kero s'apprêtaient à publier en français son autre roman I am The Messenger, je l'ai aussitôt précommandé. Trois mois plus tard -hier donc- je le lisais. Une claque.



Le messager, c'est l'histoire incroyable d'un gars ordinaire : Ed. Ed a dix-neuf ans, taxi-driver, ne sait pas trop ce qu'il fait de sa vie, ne s'en soucie pas trop en fait. Ce qu'il aime, lui, c'est passer du bon temps avec sa bande de potes et surtout jouer aux cartes avec eux : l'insupportable Marv, Richie le décontracté et surtout, celle qu'il aime, Audrey. Un jour cependant, à la banque, Ed arrête un hold up, rien d'extrêmement héroïque mais pourtant, à partir de ce jour tout change : il reçoit dans sa boite aux lettres une carte à jouer, avec des adresses notées dessus. Qu'est-il sensé faire ? Une mission lui serait-elle incombée ? Commence alors une aventure humaine qui le conduira à rencontrer des gens qui changeront sa vie à jamais.


Mon avis :


                                 Je suis sortie de cette lecture complètement chamboulée, bouleversée, tellement heureuse mais en même temps tellement triste aussi ! Triste de quitter les personnages, triste parce que ce roman m'a renvoyé à moi-même comme si j'avais reçu un coup de poing dans la figure. Ce roman s'appelle "Le messager" et justement ce qui m'a prise aux tripes, c'est précisément le message du livre, au-delà de l'écriture somptueuse de Markus Zusak, ce qui est beau au fond, c'est les mots invisibles, ceux que le lecteur peut lire entre les lignes. Ce roman, c'est un message d'humanité qui a raisonné en moi comme rarement un livre avait pu le faire dans ma vie de lectrice. Ce sont des personnage uniques, extrêmement bien travaillés qui deviennent vivants. C'est une écriture limpide et en même temps pleine de grâce. C'est une structure du texte vraiment très ingénieuse. C'est une fin-gifle, comme j'aime à appeler ces fins qui vous prennent par surprise. Le pire dans tout ça, c'est que ce n'est pas la fin idéale pour moi mais dieu sait comment les derniers mots du livre ont su me toucher. 
                               J'ai tout aimé dans ce livre, j'ai eu la confirmation que j'attendais, celle que Markus Zusak était un conteur extraordinaire. Alors oui, c'est crû par moment, oui la vulgarité est là parfois mais c'est VRAI, c'est débordant de grâce parce que justement c'est une peinture de ce que la vie peut avoir de beau, de cruel mais aussi de magique. Alors non, je ne pense pas que Le messager puisse plaire à tout le monde mais je crois profondément que c'est une lecture à essayer, pour se réveiller, pour comprendre des choses et pour l'amour des belles phrases tout simplement !



Le Messager de Markus Zusak publié aux éditions Kero. 352 pages.

lundi 14 juillet 2014

"Personal humiliation was painful. Humiliation of one's family was much worse. Humiliation of one's social status was agony to bear. But humiliation of one's nation was the most excruciating of human miseries."




Deuxième tome de la saga : Les chroniques d'Alvin le Faiseur. Pour ne pas spoiler je ne mettrai pas de résumé. 



Mon avis :


Ce deuxième tome est une continuation du tome 1 tout en tranchant radicalement avec celui-ci.
Comme le titre l'indique, on est plongés ici dans l'univers des "Rouges": les Indiens d'Amérique. 
Ici, Orson Scott Card vient peaufiner sa mythologie, lui conférant la dimension mystico-prophétique qui la définira dans les tomes suivants. 


                               J'ai trouvé ce tome encore meilleur que le premier. L'auteur a une façon de jongler avec les éléments historiques tout en leur attribuant des éléments fantastiques qui me laissent à chaque fois sans voix : ces éléments servent l'intrigue et l'intrigue est elle-même au service de ceux-ci puisque le contexte historique permet d'enrichir l'aspect Fantasy, le rendant plus profond.
                              
                              Ce tome est très sombre, il finit dans une note très amère dont je ne suis pas sortie indemne. On retrouve des préoccupations sur la nature que j'ai trouvé très intéressantes, l'auteur dépeignant les rapports entre Hommes et nature. On rencontre de nouveaux personnages, élargissant ainsi les horizons de la saga, et les enjeux se font plus nets. Quant au protagoniste principal Alvin reste toujours aussi adorable et c'est vraiment un plaisir de suivre son initiation.  C'est une saga atypique : entre roman Fantasy, livre philosophique et roman historique, servi par l'écriture fluide et poétique d'Orson Scott Card. 


                             



Et chapeau aux éditions l'Atlante pour la qualité du livre et de la mise en page !


Les Chroniques d'Alvin le Faiseur, tome 2 : Le Prophète rouge d'Orson Scott Card publié chez l'Atlante. 411 pages.

"And just like that, I was completely, utterly, and entirely, His "



The Unbecoming of Mara Dyer, c'est l'histoire d'une adolescente qui vient de vivre un drame terrible : elle a perdu sa meilleure amie dans un accident d'où elle-même est sortie intacte. Elle déménage donc avec sa famille pour tenter de se reconstruire. Malgré les hallucinations dont elle est victime, malgré son chagrin ... 



Mon avis :


                     Dès le prologue, j'ai été plongée dans l'ambiance unique de ce roman. En effet, dès les premières pages on comprend que The Unbecoming of Mara Dyer ne sera pas le "thriller paranormal" Y.A typique. Mara est une jeune fille brisée  : brisée par les événements qui lui sont arrivés, brisée à cause de son propre esprit qui ne cesse de lui jouer des tours. Et c'est cela qui est intéressant : comment se fier à un narrateur qui ne peut même pas se fier à ses propres perceptions ?
                    La plume de l'auteur permet une immersion complète dans le livre, nous faisant tourner les pages frénétiquement. Les personnages sont attachants, j'ai été vraiment touchée par le personnage de Mara plus que ce que j'aurais pu penser en débutant ma lecture. Quant au protagoniste masculin, Noah Shaw ... Mmh je vous laisse juger par vous même, moi je suis totalement conquise haha !
                   En somme, tout m'a plu ! C'est sombre, c'est rempli de rebondissements qui vous retourneront le cerveau et l'estomac, les personnages sont charismatiques, l'aspect psychologique formidablement bien traité et pour couronner le tout, la fin est totalement percutante !

                     C'est donc un énorme coup de coeur, une aventure palpitante que j'ai adoré suivre et j'ai hâte de lire le tome 2 ! Etant sorti en français chez Panini éd. Scarlett, je le conseille à ceux qui lisent en VF, pas d'excuses ! Et puis avec en prime des couvertures sublimissimes, qu'attendez-vous ?

The Unbecoming of Mara Dyer de Michelle Hodkin publié chez Simon & Schuster. 466 pages. (également sorti en français)

samedi 12 juillet 2014

Mini-reviews (4)



Résumé de Quatrième :




" Quand le dernier dragon et le dernier elfe briseront le cercle, le passé et le futur se rejoindront, le soleil d'un nouvel été brillera dans le ciel. " Dans un monde obscur, battu par les pluies, le jeune Yorsh, dernier des elfes, a dû fuir son village dévasté. Un homme et une femme vont le conduire jusqu'aux terres du dernier dragon, dont il deviendra le gardien afin d'accomplir une ancienne prophétie. Mais Yorsh ignore que cette prédiction en cache une autre qui l'emmènera plus loin encore.


Mon avis :

                    Ce roman est un roman de fantasy atypique. Ne vous attendez pas à de l'action à toutes les pages, à un roman rempli de batailles épiques mais à la quête d'un elfe, quête narrée avec tendresse et justesse. Ce roman, c'est la quête prophétique d'un elfe, Yorsh, personnage qui va grandir au fil des pages et le voir évoluer m'a vraiment attendri.
                On retrouve des thèmes tels que l'amitié, le courage, l'amour, la persévérance, tout cela traité avec douceur. Le manque d'action se fait parfois ressentir mais la plume de l'auteur compense cela. Je garderai un joli souvenir de cette découverte !



Le Dernier Elfe de Silvana De Mari publié chez Albin Michel dans la collection Wiz. 384 pages.

“ It is a strange world," I murmured, more to myself than to the native soul. "The strangest," he agreed. ”






Résumé de Quatrième :



La Terre est envahie. L'humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes, mais nos esprits sont contrôlés. Mélanie Stryder vient d'être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l'être qui tente de la posséder. Quelque part, caché dans le désert, il y a un homme qu'elle ne peut pas oublier. L'amour pourra-t-elle la sauver ?



Mon avis : 



              J 'étais curieuse de découvrir Stephenie Meyer hors Twilight, voir ce que son roman SF valait, lui qui faisait presque l'unanimité chez les bloggers. Je me suis donc lancée.

                            

                             Ce qu'on retrouve quasiment tout le temps lorsqu'on tombe sur des critiques de ce roman, c'est un reproche sur le début trop lent et je dois avouer que je suis complètement d'accord : les 100 premières pages auraient pu être facilement raccourcies sans gêner le bon fonctionnement de l'intrigue et dynamiser le récit. Cependant, ces pages dépassées, je me suis laissée baigner dans une ambiance totalement dépaysante, j'ai emménagé avec Mélanie et je ne l'ai plus quittée. Le point fort des Ames Vagabondes c'est donc ça pour moi : le potentiel d'immersion délivré par l'intrigue. 
                             Les personnages créés par Meyer ne m'ont pas toujours convaincus mais ici, j'ai trouvé qu'ils apportaient une vraie force : Ian et Jared, les deux protagonistes masculins principaux m'ont charmée, j'ai aimé les voir évoluer dans cette espèce d'aventure survivaliste. Quant à la relation entretenue entre Mélanie et Wonda, l'âme qui occupe son corps, je l'ai trouvée vraiment intéressante, source de débats internes très forts.
                             La romance est vraiment bien amenée, Meyer complexifiant le traditionnel triangle amoureux qui n'en devient que plus passionnant à suivre. Cependant, j'ai relevé un ENORME défaut à ce roman qui m'a énormément dérangé : Stephenie Meyer est vraiment trop conciliante. En tant qu'auteur, je pense qu'il y a des choix narratifs qui doivent se faire pour que la crédibilité perdure jusqu'aux dernières pages et pour moi, Stephenie Meyer ne remplit pas ce contrat. Comme dans Twilight, il y'a cette impression que Meyer ne va pas jusqu'au bout des choses, reste trop dans l'empathie   avec ses personnages. Pour moi la fin est donc ratée et vient entacher le tout malheureusement. Je garderai néanmoins le souvenir d'une lecture addictive qui m'a transportée dans un univers très bien construit. 
   


Les Ames Vagabondes de Stephenie Meyer publié chez JC Lattès. 617 pages.