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samedi 25 juin 2016

Le comte de Monte-Cristo




                           Le comte de Monte-Cristo ... ce monument de la littérature française : considéré comme un chef-d'oeuvre pour certains, méprisé par d'autres qui ne voient en ce roman qu'un banal roman d'aventure sans grande valeur littéraire, tout le monde a bel et bien entendu parler de l'oeuvre d'Alexandre Dumas. Pour ma part, étant déjà familière de l'oeuvre par une de ses adaptations que j'avais vue plus jeune, je connaissais les grandes lignes de l'histoire : un jeune homme Edmond Dantès condamné à tord pour trahison et envoyé dans une effroyable prison où il sera forcé de passer d'interminables années de captivité ... avant de s'échapper et de laisser éclater sa vengeance.
                           Je n'avais jamais vraiment repensé à cette oeuvre de Dumas et puis il y a un moins, m'est venue l'envie soudaine (une réelle impulsion) de lire ce roman. Je l'ai donc acheté et me suis attelée à la lecture de ce titan : 800 pages pour la première partie de l'histoire. Les premières chapitres ont été un régal car disons les choses : Le comte de Monte-Cristo est un roman qui se lit bien. Le style est très abordable, les chapitres souvent relativement courts, le texte pas avare en dialogues ... J'ai dévoré les 200 premières pages plutôt rapidement ... et puis le soufflé est retombé. C'était curieux, vraiment : je n'avais rien à reprocher au roman. Il se lisait toujours aussi bien, l'histoire était plutôt intéressante ... mais voilà, la question (inévitable) s'est bientôt imposée à mon esprit : ai-je vraiment envie d'investir mon temps dans 600 pages de plus ? 800 autres encore après pour la seconde partie de l'oeuvre ? Et bien non.
                            Qu'on soit d'accord, je ne trouve pas le roman de Dumas mauvais. C'est un roman d'aventure fort agréable à lire. Il est néanmoins beaucoup trop long ! 1600 pages en tout ! J'aurais aimé le lire à l'époque où il était originellement publié, sous forme de roman-feuilleton : Imaginez ! Semaine après semaine retrouver le comte et suivre ses péripéties, le suspense toujours présent, le lecteur avide de connaître la suite du chapitre qu'il aura dévoré en quelques minutes. Oui, sous forme de roman-feuilleton, le roman de Dumas aurait certainement su me conquérir. Aujourd'hui, arrivée à la page 565, il m'est cependant impossible d'aller plus loin. J'aurai apprécié ces centaines de pages passées avec le comte : ces heures interminables dans le sombre cachot, ces îles mystérieuses visitées, ces machinations qui se préparaient et qui laissaient espérer un final explosif ! Pour la première fois de ma vie de lectrice cependant, je suis contrainte d'abandonner un livre et dire : "j'ai tout aimé sauf le nombre de pages". A une prochaine fois peut-être, Dantès !



Le comte de Monte-Cristo, tome 1 d'Alexandre Dumas. 800 pages. Le livre de poche, coll : "Les classiques de poche". 2008 pour la présente édition, 1845 pour le texte original.

lundi 16 mai 2016

Des plus et des moins, Episode 1 : Ephémère de Lauren Destefano





Résumé de quatrième de couverture : 


Que faire de sa vie quand on connaît la date exacte de sa mort ?
Les scientifiques ont créé des enfants génétiquement parfaits, immunisés contre toutes les maladies. L'humanité a cru voir son avenir assuré...jusqu'au jour où le verdict accablant est tombé. Ces jeunes gens ont une espérance de vie incroyablement courte : 25 ans pour les hommes, 20 ans pour les femmes, sans exception. Dans ce monde désolé, des jeunes filles sont kidnappées et contraintes à des mariages polygames pour la survie de l'espèce.
Rhine, âgée de seize ans, a été enlevée de force à son frère. Elle se réveille enfermée dans une prison dorée, un manoir où des serviteurs veillent à ses moindres désirs. Malgré l'amour sincère de son mari et la confiance qui s'instaure petit à petit avec ses sœurs épouses, Rhine n'a qu'une idée en tête : s'enfuir de cet endroit.



Les + : 


- Une atmosphère oppressante et brumeuse bien retranscrite. 
Une camaraderie entre les personnages féminins extrêmement touchante
Un style d'écriture agréable à lire (même si je regrette de ne pas l'avoir lu en anglais, la traduction de ce roman est plutôt bonne)
- Un récit addictif qui pousse à tourner les pages très rapidement
- Des passages très durs et sombres à lire que j'ai trouvés bien écrits et intéressants. 





Les -  

- Des personnages masculins fades
- Les romances amorcées sont inintéressantes et ne servent pas l'atmosphère pourtant réussie sans cela.
- Une curieuse ressemblance avec le roman de Margaret Atwood La servante écarlate qui m'a dès le départ empêchée de rentrer en complète immersion, car le chef d'oeuvre de l'auteur canadienne ne parvenait jamais à me sortir de la tête.
- Des ellipses temporelles qui nous empêchent de nous attacher réellement aux personnages et qui font que les rapprochements entre les personnages paraissent souvent forcés ou trop rapides. (Avec Gabriel notamment)


Pour résumer, j'ai apprécié cette dystopie YA mais je l'ai trouvée trop similaire à la servante écarlate , plusieurs choix de l'auteur m'ont agacée et je n'ai jamais réussi à ressentir de quelconque attachement aux personnages. 

Une note généreuse de 3/5.


Le dernier jardin, tome 1 : Ephémère de Lauren Destefano, Castelmore. 2011. 350 pages.

vendredi 25 mars 2016

“There was dishonor, she decided, in accepting someone else’s idea of honor without question.”



                       The Winner's Crime est un tome 2, suite de The Winner's Curse et l'intrigue du roman reprend quelques mois après les événements de la fin du tome 1 (je ne dévoilerai rien de l’intrigue pour ne pas spoiler.) J’ai encore fois passé un excellent moment avec ce tome 2, encore plus déchirant que son prédécesseur. Ce tome est un concentré à la fois de sensualité et de pudeur : l’auteur sait que ses lecteurs ont faim de scènes entre Arin et Kestrel mais ce que j’ai aimé, c’est qu’elle ne sacrifie pas la logique et la cohérence de son intrigue pour donner au lecteur ce qu’il veut. Ce qu’elle nous donne, c’est la souffrance, la frustration, le manque, les longues nuits d’insomnie. Il y a également toute une réflexion très intéressante sur le sens de l’honneur, sur ce que cette vertu signifie pour les différents personnages.
                      En parlant des personnages, ils me charment toujours autant : Kestrel est toujours aussi brillante mais beaucoup plus vulnérable dans ce tome, ce qui m’a paru être l’aspect le plus bouleversant du livre. De plus, j’ai aimé que l'on explore plus en profondeur la relation qu’entretient Kestrel avec son père, relation qui explique énormément de choses sur la personnalité et les agissements de notre héroïne. Arin, lui, est fidèle à lui-même : à fleur de peau, prêt à tous les sacrifices pour son peuple mais aussi pour Kestrel. Dans ce tome, je l’ai souvent trouvé frustrant mais compte tenu des épreuves qu'il doit traverser, ses réactions sont compréhensible et je ne lui en ai pas tenu rigueur. D’autre part, on fait la connaissance de nombreux nouveaux personnages intrigants, notamment l’Empereur qui est un homme absolument effrayant ou Tensen, le mystérieux compagnon de Arin. 
                     Je voudrais aussi dire quelques mots sur le style d’écriture que je trouve somptueux, encore meilleur que dans le tome 1, cela grâce à un travail sur les phrases très intéressant. Contrairement à Maggie Stiefvater qui travaille particulièrement le rythme des phrases, Marie Rutkoski se concentre plus sur le choix des mots et utilise des métaphores insérées dans des phrases brèves. Je dirais que c’est un style faussement simpliste puisque même si au premier coup d’oeil Marie Rutkoski privilégie les phrases courtes et simples, le travail sur le lexique et sur l’imagerie est assez recherché. C’est grâce à ce style que la douleur, l’affliction que ressentent Kestrel et Arin deviennent quasi-palpables. La fin est incroyable, absolument cruelle et je n'ai qu'une seule envie : me jeter sur le dernier tome qui sort dans quelques jours (et que j'ai pré-commandé et attend avec fébrilité !) 



The Winner's Crime de Marie Rutkoski publié chez Farrar, Straus & Giroux. 402 pages. 2015.

“He knew the law of such things: people in brightly lit places cannot see into the dark.”






The Winner’s Curse est le premier tome d'une trilogie dont l'action se déroule dans un univers imaginaire. Dans ce monde, deux peuple ennemis sont forcés à cohabiter : les “Valorians" qui détiennent le pouvoir et les “Herrani” qui sont devenus leurs esclaves après avoir été conquis. Kestrel est la fille du général valorien, on attend donc d'elle quelle suivre les traces de son père. Cependant, même si  Kestrel est une habile stratège, elle est bien plus intéressée par sa passion pour la musique (occupation réservée normalement aux Herrani et donc considérée honteuse) que par un avenir dans l'armée. Le jour où elle achète un jeune esclave herrani nommé Arin, sa vie va changer et leur relation va bouleverser bien plus que leurs seules existences. 




Quel coup de cœur !



                   J'ai été complètement subjuguée par la manière dont l'auteur arrive à créer un univers fantasy sans magie ou élément surnaturel où le seul pouvoir qui ait de l'importance est le pouvoir militaire. La façon dont Marie Rutkoski décrit tous ces jeux d'alliances, les stratégies politiques en jeu etc. était vraiment fascinant à suivre. Le style de cette auteur est vraiment très beau, elle sait choisir les bons mots pour toucher, pour nous faire ressentir ce qu'éprouvent les personnages sans jamais en faire trop, et son usage de métaphores m'a impressionnée tant elle arrive à capturer avec intelligence et sensibilité les sensations et pensées de Kestrel et Arin.
                  Kestrel et Arin ... Ah je les ai tellement aimés et pourtant Marie Rutkoski n'hésite pas à nous montrer leurs aspects les plus antipathiques : la froideur de Kestrel, son goût pour la manipulation ... la fougue de Arin et la façon donc ce trait de sa personnalité peut le rendre cruel quand il s'abandonne à la haine et à la rancune qu'il ressent vis à vis des Valoriens.  Cela n'a fait que mettre en exergue les qualités des deux protagonistes et je suis tombée sous le charme de Kestrel et de son intelligence, de la façon dont la stratégie est traitée dans le roman comme discipline à part entière. Un roman fantasy Young Adult où la force de l'héroïne repose intégralement sur son intellect, c'est suffisamment rare pour être souligné ! 
                Ensuite, j’ai trouvé l’histoire d’amour absolument magnifique et pour être honnête, c’est peut être une des plus belles romances que j’ai jamais lues. Elle est rendue encore plus prenante parce que l’amour que ressentent Kestrel et Arin ne les rend pas idiots et ne leur fait pas perdre de vue leurs objectifs, objectifs qui sont malheureusement opposés. Le lecteur est donc pris entre deux feux, trois même : on veut le bonheur de Kestrel, celui d’Arin mais aussi leur bonheur en tant que couple, or les trois semblent impossibles à réaliser simultanément. 
                Enfin, ce qui fait la force de ce roman à mon sens, c’est le développement de l’intrigue : que ce soit l’intrigue principale ou l’intrigue amoureuse, le tout est parfaitement bien rythmé, le développement progressif donnant une crédibilité aux actions qui se déroulent et permettant aussi au lecteur de s’attacher aux personnages. Les passages déchirants du roman nous prennent donc complètement aux tripes, d’autant plus que Marie Rutkoski n’a pas peur de mettre en danger ses personnages, de les faire souffrir, et c'est pour cela que cette fin m’a complètement retournée. J’ai depuis lu le tome 2 et je peux vous dire que la suite est encore plus bouleversante. Pas de sortie prévue en français malheureusement mais on croise les doigts pour une traduction !



The Winner's curse de Marie Rutkoski. Editions Farrar, Straus & Girroux. 355 pages. 2014.

lundi 14 mars 2016

Shame is a hunter




Ce livre sort en français le 16 juin 2016 chez Gallimard Jeunesse (collection Scripto) et s'intitulera "Le sel de nos larmes"



                  Ce roman suit quatre personnages à la fin de la deuxième guerre mondiale alors qu'ils essaient de fuir les bombardements russes, cela en tentant d'embarquer dans un navire censé les emmener loin de l'horreur de la guerre. Les chapitres sont très courts, au maximum quatre pages, et alternent entre les points de vue d'une infirmière lituanienne, d'une jeune polonaise égarée, d'un mystérieux prussien et d'un soldat allemand pour le moins inquiétant.

               

                 J'ai beaucoup aimé ce roman, ça m'a fait du bien de lire de l'historique, chose que je ne fais que trop rarement. Comme je l'ai dit, les chapitres sont très courts ce qui facilite la lecture et permet une lecture rapide mais j'ai trouvé le début lent, moins réussi que la deuxième partie. Avec du recul, cependant, je me rend compte que cela m'a permis de me familiariser avec les personnages et d'instaurer une atmosphère : on ressent le froid, l'urgence, la panique ... et c'est très réussi à ce niveau là. Quant à la deuxième partie, je l'ai dévorée d'une traite !
                Le style d'écriture est plutôt bon avec mêmes quelques moments de grâce mais on échappe malheureusement pas (surtout au début) au mielleux. Un autre point négatif que j'ai noté et qui m'a énormément dérangée, c'est les clichés et les simplifications historiques que n'évite pas l'auteur et qui donne au récit un côté naif inapproprié selon moi.
                Enfin, le gros point fort du livre, ce qui donne sa force, c'est le travail sur la voix des personnages : chacun est distinct et même si l'auteur n'avait pas précisé en début de chapitre le nom du personnage dont on a le point de vue, je n'aurais eu aucun souci à identifier de qui il s'agit. Certes, pour cela, Ruta Sepetys grossit parfois un peu trop les traits de ses protagonistes mais globalement, les personnages sont si réussis qu'on lui pardonne. La fin est déchirante mais également remplie d'espoir et je lirai avec enthousiasme tous les autres romans que cette auteur a publié et publiera à l'avenir. (d'ailleurs, elle dit travailler sur un roman historique qui traite de l'Espagne des années 50, ça promet !)


Note : 4,5/5



Salt to the sea de Ruta Sepetys, éditions Puffin. 400 pages. Février 2016.